A la Réunion, les prestations sociales assurent près d’un cinquième des revenus des ménages
Les prestations sociales représentent 17,6% des revenus de l’ensemble des ménages de la Réunion, selon les données Filosofi 2020. C’est la part la plus importante de tous les départements français (les données ne couvrant pas la situation de Mayotte, de Guyane et de la Guadeloupe). Dans la moitié des départements, la part de ces aides ne dépasse pas 6,2 % des revenus.
Des prestations sociales essentielles
La place prise par ces revenus de solidarité témoigne du niveau de détresse financière de nombreux ménages réunionnais. Ces aides permettent surtout de maintenir une partie d’entre eux au-dessus du seuil de pauvreté, et d’atténuer une situation déjà préoccupante : plus d’un tiers des ménages de l’île (35,6% en 2020) vit avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté (moins de 1000 euros par mois).
Ces prestations sociales sont particulièrement importantes pour les plus jeunes ménages (moins de 30 ans), dont les revenus dépendent à 34,4% des prestations sociales, et notamment des minimas sociaux, qui représentent 15,6% de leurs revenus (et presque 24% dans les communes du Port et de Saint-Benoît-. Chez les 50-59 ans, les prestations sociales ne représentent plus que 15,4% des revenus disponibles.
Les foyers qui dépendent le plus des prestations sociales restent les familles monoparentales, dont 36,7% de revenus correspondent à ces aides, en particulier les minimas sociaux, qui couvrent 17,5% des revenus disponibles.
La situation est également très variable suivant les communes. C’est à Salazie que les minimas sociaux pèsent le plus : 18,8% des revenus disponibles. A la Possession, ces aides de type RSA représentent encore près de 6% des revenus, soit davantage que les valeurs moyennes observées dans les départements métropolitains (4,7% en Seine-Saint-Denis).
Dans certains quartiers, près de la moitié des revenus sont issus des prestations sociales. C’était le cas en 2019 à Saint-Louis, dans les quartiers couverts par l’iris “Centre Commercial-Lycée Sarda Garriga” (42,1%). Et surtout dans l’iris du Bas de la Ville de Bel-air, à Saint-Louis (47,7%). Dans ce même quartier, les minimas sociaux assurent près de près de 25% des revenus.