
Les violences familiales concernent plus d’une femme sur quatre à la Réunion
Une récente étude de l’INED sur les violences et rapports de genre à la Réunion montre que 26% ont subi des faits de violences psychologiques ou physiques durant l’enfance ou l’adolescence, au sein de leur famille. Et 15% des femmes de l’île sont en situation de violences conjugales.
L’enquête Virage, réalisée en 2018 à la Réunion par des chercheurs de l’INED auprès de 3 069 personnes, a permis de mieux cerner les difficultés vécues par les femmes dans le cadre familial, durant l’enfance ou dans leur couple. Près d’un tiers (32%) des femmes déclarent avoir subi des faits de violence avant l’âge de 18 ans, quel que soit le contexte (loisirs, études, famille…).
C’est le plus souvent dans le cadre familial que ces violences se sont produites. Les plus fréquentes sont d’ordre psychologique : 21,5% des femmes ont été exposées régulièrement à des hurlements, des insultes, des humiliations ou des critiques répétées avant l’âge de 18 ans. Lors de la même enquête réalisée en 2015, cette situation concernait 14,5% des femmes vivant dans l’hexagone.
La proportion de femmes qui déclarent avoir subi des violences physiques est similaire à ce que l’on observe dans l’hexagone : 8,6% de réunionnaises (et près de 6% des hommes, soit un point de moins que dans l’hexagone). L’auteur de ces violence était le père dans 43% des cas, et la mère dans 37%. La famille élargie, et notamment les oncles, demi-frères ou cousins sont également souvent cités par les femmes comme auteurs de violences physiques ou psychologiques, dans des proportions plus importantes que ce que l’on retrouve dans l’enquête menée dans l’hexagone.
Des violences sexuelles répétées
6,6% des femmes interrogées confient avoir subi des violences sexuelles, et plus de 2,4% des viols et tentatives de viols avant l’âge de 18 ans. 3% des femmes auraient également été victimes de violences sexuelles incestueuses, le plus souvent de la part d’un oncle (23%), ou encore, lorsqu’elles ont vécu dans une famille reconstituée, de la part du beau-père (25%). Dans plus d’un tiers des cas, ces violences ont débuté avant l’âge de 8 ans, et, trois fois sur quatre, elles ont eu lieu à plusieurs reprises au cours de l’enfance et de l’adolescence. L’enquête révèle également que 15% des femmes de l’île sont en situation de violences conjugales. C’est trois fois plus que dans l’hexagone. Et ces violences peuvent avoir eu lieu devant les enfants, dans 28% des cas.
Source :
- Condon S., Dauphin S., Dupuis J., Les femmes sur l’Île de La Réunion fortement exposées aux violences pendant l’enfance et l’adolescence, Population & Sociétés 52, Septembre 2021.