En Nouvelle-Calédonie, être femme ou kanak reste un handicap face à l’emploi
Dans sa dernière enquête “Forces de travail”, réalisée en 2022, l’Institut statistique de Nouvelle-Calédonie (Isee) relève des inégalités persistantes face à l’emploi. En premier lieu au détriment des femmes et des kanaks.
La politique de rattrapage instituée lors des accords de Matignon puis de Nouméa, commence à produire ses effets en matière d’emploi. Ainsi, entre 2017 et 2022, le taux de chômage au sein de la communauté Kanak a reculé de 3,5 points, alors qu’il est resté stable parmi les autres communautés. Mais l’écart reste important : le taux d’emploi des membres de cette communauté ne dépasse pas 52%, soit douze points de moins que les autres communautés de l’archipel. Même lorsqu’ils détiennent un diplôme de niveau Bac+2 ou supérieur, les kanaks sont plus souvent au chômage (6%), que les non-kanaks (2%). En 2022, 22 400 personnes souhaiteraient occuper un emploi. 57% d’entre elles sont Kanaks.
Temps partiel subi
Un autre groupe continue de subir des inégalités d’accès à l’emploi, malgré des améliorations récentes. Plus diplômées que les hommes, les femmes de Nouvelle-Calédonie occupent seulement 47% des emplois du Caillou. Et une fois sur quatre, ce sont des emplois à temps partiel (seulement 4% chez les hommes). Il peut s’agir d’un choix, mais l’enquête indique que ces temps partiels sont subis dans 15% des cas chez les femmes, et seulement 3% chez les hommes.
La proportion d’actifs occupés est plus importante parmi les hommes (56%) que les femmes (47%), qui sont plus souvent “inactives” (24% des femmes de 15 ans et plus, hors étudiantes et retraitées). Mais lorsqu’elles cherchent un emploi, elles ont plus de difficultés à en trouver. Ce sont également les hommes qui ont le plus bénéficié de la reprise de l’emploi après la crise sanitaire, creusant ainsi l’écart avec les femmes en termes de taux d’emploi.
L’écart s’atténue avec le diplôme
Les inégalités entre hommes et femmes sont particulièrement visibles dans les chiffres de l’insertion professionnelle à diplômes équivalents. La part des femmes qui occupent un emploi est inférieure de 10 points à celle des hommes jusqu’au niveau bac. Parmi les détenteurs d’un CAP ou BEP, on trouve 57% d’actifs occupés parmi les femmes contre 68% pour les hommes. Les différences s’attenuent à partir du niveau Bac+2, où plus de 80% des femmes comme des hommes occupent un emploi. Mais il subsiste un écart de 5 points. Enfin, lorsqu’ils ne sont pas étudiants ou retraités, les inactifs choisissent de rester au domicile pour s’occuper d’un enfant ou un proche. Les néo-calédoniens qui font ce choix sont presque toujours des femmes (88%).
Source :
Isee, Enquête Forces de Travail – Nouvelle-Calédonie, Synthèse N° 68, 2022