A Saint-Pierre-et-Miquelon, en manque de médecins, la santé repose sur la coopération


Pour prendre soin de 6000 habitants, Saint-Pierre-et-Miquelon accueille seulement 145 professionnels de santé, parmi lesquels 8 médecins généralistes et 16 spécialistes. Rapporté à la population, c’est deux fois moins que dans l’hexagone.


Au nord de l’archipel, dans le village de Miquelon, on trouve un seul médecin généraliste, pour 614 habitants. Si la densité médicale était plus proche de la moyenne nationale, un second médecin l’aurait rejoint. 

L’accès à certaines spécialités, déjà en tension à l’échelle nationale, est d’autant plus compliquée lorsqu’on vit à Saint-Pierre-et-Miquelon. L’unique cabinet libéral d’orthophonie va fermer, faute de repreneur, alors que les besoins de consultations concernent environ 80 enfants. Le centre hospitalier François Dunan, à Saint-Pierre, accueille deux postes mais un seul est pourvu. 

Pour faire face au manque de professionnels de santé libéraux, la Caisse de prévoyance sociale (CPS) a dû créer en 2005 un centre de santé polyvalent à Saint-Pierre. L’établissement acueille des services de médecine générale, des soins infirmiers, et quelques spécialistes.

1 120 évacuations sanitaires en 2022

De son côté, le Centre hospitalier François Dunan organise des missions régulières avec des spécialistes venus de l’hexagone, comme des ophtalmologues, pour de courts séjours. Une convention de coopération a été renouvelée en février dernier avec le CHU de Rennes. L’hôpital investit également dans des équipements de télémédecine, notamment en neurologie, pour la prise en charge des AVC. 

Les évacuations sanitaires sont malgré tout très fréquentes : plus d’un millier sur une seule année. En 2022, la moitié des patients évacués  (674) ont été conduits au centre hospitalier Saint-John’s, à Terre-Neuve, à moins d’une heure en avion. La CPS bénéficie depuis 2018 d’un accord de prestation de services avec cet hôpital canadien. Le reste des patients a été évacué vers l’hexagone (321) ou Halifax (114).  

Face aux troubles psychiques, un dispositif encore fragile

Avec une capacité de 35 lits et un taux d’occupation de 53,4% en 2022, le centre hospitalier est encore loin de la saturation. Mais il lui manque des structures d’accueil capables de répondre aux enjeux de l’archipel, notamment le vieillissement et la détresse psychologique des jeunes adultes. Selon une récente étude de Santé Publique France, les jeunes de 18-24 ans qui résident sur l’archipel sont deux fois plus touchés par les troubles psychiques que dans l’hexagone. Et près de 12% ont fait au moins une tentative de suicide. L’archipel dispose d’un Centre médico-psychologique enfants-adolescent. Mais l’hôpital ne dispose pas encore de centre de consultations de pédo-psychiatrie, encore moins d’unité d’hospitalisation en psychiatrie.

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